Les dessous du Working Holiday Visa #2

 IMG_7653

Après 3 mois et demi de voyage et de vacances, je me retrouve forcée de chercher du travail. Récit de mon mois de galère à Perth…

Etant arrivée ici avec les 5000$ demandés par le gouvernement australien, j’espérais quand même tenir 4 bons mois avant de travailler. Mais je suis arrivée à Perth fin avril en réalisant que, vu mon budget après le roadtrip, il faudrait que je trouve du travail et vite. J’avais grosso modo de quoi me payer deux semaines d’auberge et de nourriture.

Je pensais qu’en une semaine ce serait réglé si je m’y mettais à fond. Ce que j’ai fait. Mais au bout de deux semaines toujours rien et surtout un compte en banque quasiment à sec. J’envisage même retour à la maison tellement je suis fauchée. Je me fais envoyer de l’argent pour me donner une marge avant de trouver quelque chose.

J’entends les récits des gens dans mon auberge. Pas très rassurant… « Ça fait 5 semaines que je suis ici et toujours pas de boulot » ou « J’ai mis un mois et demi à trouver quelque chose sachant qu’à un moment c’était soit je paye mon billet d’avion pour rentrer, soit j’utilise cet argent pour chercher encore quelques semaines mais si j’ai rien je suis coincée ici. J’ai reçu le coup de fil pour mon boulot deux jours avant de réserver mon billet. »

Autant vous dire que l’eldorado du petit boulot, c’est pas en Australie. Et oui les temps ont bien changés. Il est loin le temps où en une semaine on trouvait quelque chose. Trop de backpackers en ville, plus la concurrence asiatique dans les fermes qui accepte toujours de bosser moins cher qu’un Européen.

En étant à l’ouest, en tant que mec on peut vite trouver du boulot dans les mines ou sur les chantiers…et encore! Parce qu’il faut passer la white card et accepter de sortir des villes pour ça.

En tant que fille c’est plus compliqué. Et puis l’hiver arrive ici donc c’est la basse saison, on a besoin de moins de personnel dans les magasins et en restauration c’est plein d’étudiants australien ou de petits jeunes de 17-18 ans (oui quand on a moins de 20 ans ici on est payé beaucoup moins donc les employeurs en profitent)

Autre problème: le visa. Oui c’est un visa de travail mais il autorise à travailler seulement 6 mois pour le même employeur alors que souvent les patrons cherchent sur du long terme. De plus, le backpacker est un voyageur avant tout : même s’il dit qu’il restera 6 mois, on ne compte plus le nombre de personnes qui commencent un boulot puis disparaissent du jour au lendemain…

Du coup, il y a du boulot mais payé au black. On se fait aussi souvent exploiter mais comme il y aura toujours des backpackers prêts à accepter parce que désespérés et voulant continuer leur voyage, le cycle continue.

Sans compter une bonne couche de nationalisme par dessus tout ça avec des annonces pour des boulots à court terme précisant « Australian citizen only no working visa » ou « permanent resident only »…

Bref c’est coton, pas de boulot digne de ce nom mais toujours plus de backpackers et toujours plus d’employeurs véreux… On est bien loin des reportages de France2 ou M6 !

J’étais arrivée en Australie en me disant que je chercherais peut-être du boulot dans ma branche mais en fait après avoir regardé les annonces en ligne j’ai vite compris que ce serait impossible ou qu’il me faudrait 6 mois rien que pour trouver quelque chose.

Je me suis donc tournée vers le « retail » puisque j’ai déjà de l’expérience en France. Pendant une bonne semaine je me balade en ville avec mon CV, je postule via gumtree et seek. Pas de réponse. Je me dit qu’il y a un problème avec mon CV. Je le modifie un nombre incalculable de fois (je vous raconte même pas le budget impression de CV…).

Deux semaines, aucune réponse. Ni positive, ni négative. Juste rien… Apparemment c’est comme ça que ça fonctionne ici. Il y a tellement de personnes qui postulent qu’ils ne rappellent que s’il veulent vous voir pour un entretien ou un essai. On peut facilement passer des semaines sans que rien ne se passe et sans savoir pourquoi.

Je me dis qu’il va falloir commencer à chercher dans les restaurants et cafés (même s’il ne cherchent que des gens ayant de l’expérience). Je passe le RSA qui m’autorise à servir de l’alcool et qui me coûte 17$. Je postule au McDonald’s et dans les supermarchés. Je me fais recaler. Il me reste 800$ en tout et pour tout. J’envisage soit de rentrer à Paris, soit de partir en HelpX travailler en échange de l’hébergement et des repas (ce qui ne me permettrait pas de gagner de l’argent mais au moins de prolonger mon séjour ici).

Au bout de 3 semaines de recherches je reçois enfin un appel ! Je reprends espoir et me dis que mon CV n’est donc peut être pas le problème. J’ai rendez vous pour une « interview » dans un magasin de chaussures à 20 minutes de mon auberge le dimanche qui vient. J’y vais pour 10 minutes de discussion puis on me demande de revenir le dimanche suivant pour un essai. Bonne nouvelle !

Le mardi, je reçois un second appel pour un entretien le lundi suivant, chez Kathmandu, une chaine de magasin spécialisée dans l’outdoor (un peu comme Décathlon en France). Il n’est peut-être pas encore temps pour moi de rentrer, j’ai un essai et un autre entretien, je vais bien finir par avoir un des deux jobs…

Le dimanche suivant, je vais à mon essai. Il faut savoir que c’est monnaie courante ici. On vous fait travailler quelques heures pour voir si vous pouvez faire l’affaire. Normalement les essais sont payés et vous savez tout de suite si vous avez le job ou pas. Mais il n’est pas rare que les patrons en profitent pour avoir de la main d’oeuvre gratuite et vous fasse revenir sous prétexte qu’ils hésitent à vous prendre mais veulent vous donner une autre chance. Dans mon cas l’essai n’a pas été convaincant à 100% (j’avoue que la vente en Australie n’est pas comme en France donc je n’étais pas super à l’aise) je dois attendre le retour de la manager pour avoir une réponse. Mais j’ai été payée en nature : j’ai pu garder la paire de Crocs à 90$ qu’on m’a donnée pour l’essai !

Le lundi, entretien chez Kathmandu. Vu l’essai de la veille, je me dis que c’est maintenant ou jamais. Je suis reçue par la responsable de magasin. Entretien-discussion d’une demie heure pour apprendre à me connaître et discuter de mes expériences précédentes. Le courant passe plutôt bien et je comprend son accent australien sans problème (j’aurais au moins gagné ça en trois mois de voyage). A la fin de l’entretien, question classique : « des questions ? »

Oui une ! Quand aurais-je une réponse parce que si j’ai pas de retour, dans 3 jours, je pars de Perth. Et là, elle me répond tout simplement « écoute je réfléchis vite quand il faut prendre une décision et le feeling passe bien donc je t’attends lundi matin à 9 heures. » Et là évidemment je lui demande de répéter pour être sûre d’avoir bien entendu (boulet…). Je commence donc lundi prochain, en tant que vendeuse chez Kathmandu après un mois et une semaine de recherche alors que j’étais à 3 jours de partir en HelpX pour deux mois avant de rentrer en France en juillet.

Comme quoi il faut vraiment persévérer et ne pas se laisser abattre. Ce qui je vous l’accorde n’a pas été facile. Mon moral a joué les montagnes russes pendant un mois et je n’ai quasi rien vu de Perth tellement j’ai passé mes journées à chercher du boulot. Donc je remercie au passage mes amis, mes parents, mon chéri sans qui tout cela n’aurait pas été possible (je n’ai pas gagné d’Oscar mais c’est tout comme !)

La suite au prochain épisode…

8 réflexions au sujet de « Les dessous du Working Holiday Visa #2 »

  1. Morgane

    Ouaaah mais c’est chaud en fait !! Ça me rassure pas trop… LOL Mais tout est bien qui fini bien donc c’est l’essentiel ;)

    Répondre
    1. Elodie Auteur de l’article

      Morgane, tout est aussi une question de timing aussi. Il suffit parfois d’être au bon endroit au bon moment (ce qui n’est pas forcément évident quand on arrive dans une grande ville où la concurrence est forte)

  2. MyriamHDC

    Enfin le bout du tunnel !! Et tu devrais t’en sortir dans la vente de se genre d’articles ! :)

    Tu va rester dans ton auberge ou chercher une colloc ?

    Répondre
    1. Elodie Auteur de l’article

      C’est la prochaine étape et probablement le prochain article: la recherche de colocation…

  3. Matthieu

    Le paradis australien aurait du plomb dans l’aile ? Bravo pour ton nouveau job ! Tu tiens le bon bout. Merci beaucoup pour ces articles « vus de l’intérieur ». A bientôt. Matthieu

    Répondre
  4. Gaelle

    Super blog! Dommage je ne trouve pas le bouton pour te suivre sur wordpress. Je suis partie en même temps que toi mais viens de passer 4 mois à Sydney et tu confirmes ce que je pense: on a beau dire, c’est plus facile a l’est qu’à l’ouest! Même si quelques uns galèrent personnellement ici j’ai trouvé pas mal de boulot en 1 semaine ou deux.
    Bon courage! Et si tu veux des infos de l’autre bord: http://www.fromparistosydney.com

    Répondre
    1. Elodie Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire :) Je vais aller voir ton blog de ce pas!

      Plus facile a l’est pour trouver mais pas moins précaire de ce que j’ai vu… Pas mal de monde combine plusieurs jobs

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


− 8 = null

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>